Guide Wellington

S’il ne devait y avoir qu’une seule ville en Nouvelle-Zélande, ce serait Wellington. Tout y est : charme, animation, vie culturelle, architecture, boutiques, restaurants, bars… la liste est infinie. Wellington est la preuve que la Nouvelle-Zélande, toute isolée qu’elle soit, peut-être incroyablement urbaine. Même les moins citadins s’y retrouvent, d’abord parce qu'avec ses 2,5km de diamètre, le centre de Wellington reste à taille humaine, ensuite parce que ses baies multiples et variées, ses collines et plus loin, ses vignobles, offrent de nombreuses activités.

Les Wellingtoniens adorent leur ville et la défendent ardemment contre ses détracteurs, notamment les habitants d’Auckland qui lui envient son titre de capitale. Les loyers y sont assez élevés, mais largement compensés par un cadre de vie agréable, un centre-ville compact que l’on parcourt facilement à pied, de vastes parcs, une baie magnifique et des collines où s’accrochent de petites maisons colorées. Les habitations sont parfois bâties sur des pentes si escarpées qu’on y accède par des funiculaires privés depuis le bas des rues (certains sont visibles dans Palliser Rd en montant à Mt Victoria). Avec plus de 400 de ces engins, Wellington compte le plus grand nombre de funiculaires privés au monde. Le centre est un mélange d’édifices historiques en pierres et de bâtiments plus modernes, notamment inspirés par l’architecture contemporaine de Ian Athfield. Seul bémol, le vent. Surnommée avec raison ''Windy Welly'' (Wellington la Ventée) la ville reçoit les vents qui s’engouffrent dans le détroit de Cook. On enregistre des rafales de plus de 63km/h 200 jours par an et le record de 248km/h a été atteint en 1959 et 1962. N’oublions pas que la capitale se situe sur le fameux 40e parallèle, tant redouté des marins ! Wellington est régulièrement comparée à San Francisco, construite à la même époque. Partageant un climat frais, un vent constant, une baie étendue, et un environnement volcanique, elle possède les mêmes petites villas victoriennes colorées, dans des rues étroites et pentues. Enfin, la vie culturelle et artistique y rappelle fortement celle, underground, de San Francisco. Peut-être avez-vous d’ailleurs vu des images de wellywood dans les médias à l’occasion de la sortie du Seigneur des Anneaux ? Une ville en liesse accueillant ses héros (dont le réalisateur Peter Jackson qui y habite toujours), très fière de son industrie cinématographique.

En arrivant à Wellington en voiture, ne vous arrêtez pas à vos premières impressions, vous manqueriez quelque chose. Il est vrai que l’entrée dans la ville  par une route à quatre voies qui traverse les installations portuaires et la banlieue industrielle, est peu séduisante. En revanche, la nuit, la cité brille de mille feux et se reflète dans la baie. 

Histoire

D’après la légende maorie, Kupe, le mythique explorateur polynésien, serait le premier à avoir abordé le rivage de Wellington Harbour voilà plus de 10 siècles. Il aurait campé quelque temps sur la péninsule de Miramar à l’entrée de la baie, et aurait baptisé les îles qui s’y trouvent Matiu (Somes Island) et Makaro (Ward Island) du nom de ses filles, qui l’accompagnaient. L’histoire retient le nom d’un autre grand explorateur polynésien, Whatonga. Ses deux fils, Tara et Tautoki se rendent dans la région de Wellington à la recherche de nouvelles terres et construisent un pa (village fortifié) sur Matiu puis un autre à Miramar. Ils baptisent la baie, Whanganui-a-Tara (la grande baie de Tara), en l’honneur du fils aîné. Les descendants de Tara forment la tribu des Ngai Tara, qui s’agrandit, en tirant parti de la côte poissonneuse et de la protection naturelle de la baie. D’autres tribus migrant vers le sud s’installent dans la région et des alliances se forment grâce aux mariages intertribaux.

A l’époque des explorations européennes dans le Pacifique, ni Abel Tasman en 1642, ni James Cook en 1773, ne réussissent à pénétrer dans la baie de Wellington, à cause des vents violents. La région voit débarquer quelques baleiniers et acheteurs de flax, mais lorsque William Wakefield arrive sur le Tory en 1839, un seul Pakeha (européen) vit dans Hutt Valley, avec sa belle-famille maorie.

Le colonel William Wakefield, frère d’Edward Gibbon, fondateur de New Zealand Company (voir encadré) est envoyé pour acheter des terres aux Maoris. Les dirigeants de la société pressentent en effet que la Couronne va bientôt s’arroger le droit exclusif de négocier l’achat des terres avec les autochtones, crainte confirmée quelques mois plus tard par la signature du Traité de Waitangi. New Zealand Company a déjà perçu le potentiel commercial du site, point stratégique pour les relations avec l’île du Sud et l’Australie, et ose espérer que la ville deviendra la capitale – souhait exaucé seulement en 1865. En effet, Russell, dans Bay of Islands, est la première à obtenir ce titre en 1840. Puis c’est au tour d’Auckland, choisie par le gouverneur Hobson, de 1841 à 1865.

Le 22 janvier 1840, les premiers colons, envoyés par New Zealand Company, débarquent de l’Aurora et campent sur les plages de Petone, avec des parapluies pour seuls abris. L’un d’entre eux écrira : ''On nous avait présenté cet endroit comme un véritable paradis. Hélas, combien nous sommes déçus ! (…) La violente et difficile réalité se présente sous nos yeux. Nos doux espoirs s’envolent…'' Les difficultés se poursuivent lorsque que le campement, baptisé Britannia, subit la crue de Hutt River. Les inondations obligent les colons à chercher un site plus protégé, Lambton Harbour (où la ville se situe aujourd’hui) et Thorndon, légèrement en hauteur. Toutefois, les plans de la ville, réalisés à Londres et adaptés à la zone plate de Hutt Valley, ne sont pas modifiés pour Lambton Harbour. D’où la complexité des rues de Wellington et l’absurdité de certains chemins, qui grimpent des collines ! Avant même de savoir où la ville s'élèverait, il avait été décidé lors d’une réunion de New Zealand Company à Londres, de baptiser du nom de Wellington la ville la plus importante de la future colonie, pour remercier le duc de Wellington, un ardent sympathisant, de son soutien. En 1840, Britannia devient donc Wellington.

Comme les terrains plats sont insuffisants, les colons commencent dès les années 1850 à gagner des terres sur la mer en asséchant une partie du port. Ces travaux vont durer plus de cent ans. En février 1855, un sévère tremblement de terre (8 sur l’échelle de Richter – le plus violent de l’histoire humaine de la Nouvelle-Zélande) surélève la zone côtière d’1,5m, facilitant grandement leur tâche ! La construction d’une route entre Wellington et Hutt Valley devient alors possible et les zones marécageuses s’assèchent naturellement. On peut encore voir le long de Lambton Quay, des plaques indiquant les limites de la côte avant les travaux (shoreline). La zone comprise entre Lambton Harbour et Clyde Quay Wharf est ainsi entièrement conquise sur la mer.

Wellington devient un port important pour l’import/export et supplante Auckland en tant que capitale de la Nouvelle-Zélande en 1865, grâce à sa situation géographique centrale et plus proche des gisements d’or découverts dans l’île du Sud, et grâce au dynamisme de son port de commerce. De nombreuses sociétés nationales et internationales s’y implantent peu à peu et Wellington ne cesse de se développer. Avec la modernisation du port, plusieurs entrepôts sont aujourd'hui devenus musées, restaurants ou lieux d’exposition. Le long de la côte, des épaves attestent du passé maritime mouvementé de la région et de ses vents violents. L’une des dernières grandes catastrophes date de 1968, quand le ferry Wahine, arrivant de Christchurch dans la pire tempête du siècle, coule à l’entrée de la baie, faisant une cinquantaine de victimes. Voir Museum of Wellington.

Edward Gibbon Wakefield

Wakefield est une figure-clé dans l’histoire de la Nouvelle-Zélande. Né en 1796, il fait d’abord parler de lui pour ses frasques sentimentales. En 1827, il est en effet condamné à trois ans d'emprisonnement pour l'enlèvement d'une héritière encore mineure. En cellule, il rencontre toutes sortes d’individus, dont certains reviennent d’Australie, alors colonie pénitentiaire. En 1829, et sans jamais avoir mis les pieds sur le continent australien, il publie A Letter from Sydney, dans lequel il analyse les points forts et faibles du système de colonisation de l’époque ! De là naît sa théorie sur la ''colonisation systématique'' selon laquelle ce sont non pas des forçats comme en Australie, mais des gens ordinaires qu’il faut envoyer dans les colonies. Il recommande de vendre la terre à un prix ''raisonnable'' au lieu de la distribuer gratuitement. Les fonds récoltés peuvent alors servir à développer les infrastructures et à financer le voyage des travailleurs qui fourniront la main d’œuvre pour bâtir la colonie. Il souhaite enfin que l'on accorde davantage d’autonomie aux colons. Après l’Australie, Wakefield se tourne vers le Canada, puis la Nouvelle-Zélande et fonde en 1838 New Zealand Company qui favorisera la colonisation d’une grande partie du pays. C’est certes un politique, un homme d’idées et de visions, mais pas du tout un pionnier. Il ne se rend d’ailleurs pour la première fois en Nouvelle-Zélande qu’en 1852, après avoir influencé la Couronne pour qu’elle mette en place un gouvernement autonome sur ce territoire. Il débarque d’abord à Christchurch, qu’il ne trouve pas conforme à l’image qu’il en avait, puis à Wellington. Là, politicien dans l’âme, il s’oppose au gouverneur Grey qui ne partage pas ses idées et pense que les terres doivent être vendues à bas prix pour attirer plus de pionniers. Il se fait rapidement élire à la Chambre des Représentants et au Conseil régional où il exerce beaucoup d’influence, mais son parti subit un cuisant échec en 1855. En décembre de cette même année, une crise de rhumatisme articulaire, une forme de maladie cardiaque, marque la fin de sa vie publique. Il meurt en 1862 et est enterré à Bolton Memorial Park.

Le duc de Wellington

En 1840, Britannia devient Wellington, pour honorer ''le célèbre guerrier des temps modernes'', le duc de Wellington. Surnommé '' le duc de Fer'' par les Français, c’est un héros national et l’un des hommes les plus populaires d’Angleterre. Né Arthur Wellesley en 1769, il rejoint l’armée britannique à l’âge de 18 ans et dès 1809, devient commandant des troupes britanniques luttant contre Napoléon. En 1814, trois jours après la reddition de Napoléon, il oblige les troupes du maréchal Soult à abandonner Toulouse. Il reçoit le titre de duc de Wellington et 400 000 livres du roi George III. Il réussit à vaincre définitivement son ennemi à Waterloo, le 18 juin 1815. Premier ministre de 1828 à 1830, il s’éteint en 1852 à l’âge de 83 ans.

 

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